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Nouvelles recommandations du groupe de travail : faut-il cesser de prendre des suppléments de calcium ?

On recommande depuis des années aux femmes la prise régulière de calcium afin d’éviter les fractures invalidantes, notamment chez les personnes âgées. Il semble que cette recommandation ne soit plus d’actualité : en effet, selon une étude réalisée par la « US Preventive Services Task Force », il n’existe aucune preuve que la prise de suppléments de calcium réduise le risque de fractures. Ces recommandations, récemment publiées par la revue « Annals of Internal Medicine », s’adressent principalement aux femmes ménopausées, les principales concernées. Linda Baumann, membre du groupe de travail et enseignante à l’école d’infirmières de l’Université Wisconsin –Madison, explique que la prise de calcium n’est pas interdite mais que ses bénéfices ne sont pas garantis. Le groupe de travail a même découvert qu’une dose journalière de 1000 milligrammes de calcium ajoutée à 400 unités internationales de vitamine D ne suffisait pas à prévenir les fractures chez une personne en bonne santé, mais augmentait le risque de calculs rénaux.

C’est-à-dire, juste un peu moins que les 1200 milligrammes de calcium par jour recommandés pour les femmes ménopausées par un rapport de l’Institut de Médecine en 2011. Le groupe de travail « United States Preventive Services Task Force (USPSTF) » en a déduit qu’il fallait sans doute augmenter la dose journalière, mais rien ne le prouve. Ce groupe est chargé de faire des recommandations au gouvernement fédéral sur les risques et les avantages des divers traitements. Ces conclusions doivent être lues avec réserve. En effet, ces recommandations ne s’appliquent pas aux personnes déjà atteintes d’ostéoporose ou de carence en vitamine D, et ne s’appliquent pas non plus aux personnes de plus de 65 ans soumises à des risques de chutes. Baumann a avoué à Shot que les membres du groupe de travail souhaitaient réexaminer les données pour savoir si l’administration de calcium et de vitamine D à un stade antérieur serait utile. L’apport en calcium des adolescents est beaucoup trop faible pour un individu en période de croissance. Baumann ajoute que l’autre question est celle du dosage. Les études du groupe de travail se sont appuyées sur la quantité de vitamines administrées et sur l’âge des personnes traitées et ne se sont intéressées qu’à la solidité des os des femmes de race blanche. Il n’y a pas donc pas de données fiables sur les hommes ou les groupes minoritaires. Les suppléments de vitamine D sont recommandés ces derniers temps, à titre de prévention du cancer, des maladies cardiaques et du diabète. Certains médecins recommandent jusqu’à 50.000 UI par semaine. Le groupe de travail de l’USPSTF étudie l’influence de la vitamine D sur le cancer, il faut donc rester vigilant à cet égard. Un éditorial d’accompagnement conclut d’ailleurs qu’en attendant les résultats d’autres recherches, l’USPSTF encourage les cliniciens à réfléchir soigneusement avant de prescrire des suppléments de calcium et de vitamine D aux personnes en bonne santé. Cliff Rosen, un des auteurs du rapport de l’IOM 2011 et chercheur à l’Institut de recherche du Centre médical du Maine, observe que les suppléments de calcium ne sont pas prescrits aussi souvent que la vitamine D mais que certaines femmes peuvent prendre jusqu’à cinq comprimés de calcium par jour, augmentant ainsi les risques de calculs rénaux (17%) et de maladies cardiaques, alors que le calcium contenu dans l’alimentation ne semble pas causer de problèmes : trois verres de lait de 300 milligrammes chaque jour pourraient suffire.

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